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Quelques notions...

Une rubrique explicative pour poser les bases : ergonomie, psychologie cognitive, et prévention dans les environnements exigeants — dont le maritime.

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Ergonomie

Fondamentaux & applications

Origine du mot

Ergonomie vient du grec :

  • ergon (εργον) : travail, action, activité
  • nómos (νομοσ) : règle, loi, principe

Donc, au sens littéral : les règles du travail / les lois de l’activité.

Définition

L’ergonomie est la discipline qui vise à adapter le travail à l’être humain (et pas l’inverse). Elle cherche à comprendre comment le travail se fait réellement — avec ses contraintes, ses imprévus, ses arbitrages — pour améliorer la situation de manière durable.

Objectifs concrets

Une intervention ergonomique vise généralement à améliorer, ensemble :

  • la santé (fatigue, douleurs, usure, charge),
  • la sécurité (réduction des erreurs, incidents, accidents),
  • la qualité (fiabilité, moins de reprises),
  • la performance (efficacité durable, organisation plus fluide).

Ce que l’ergonomie peut traiter

L’ergonomie ne se limite pas au poste de travail. Elle peut porter sur :

  • les outils et interfaces (logiciels, documents, écrans, procédures),
  • les espaces et flux (circulation, bruit, confidentialité),
  • l’organisation (priorités, interruptions, répartition, routines),
  • les collectifs (coordination, transmissions, coopération),
  • la charge (cognitive, temporelle, émotionnelle).

Comprendre l’ergonomie

Définitions et champs d’application

CINOV

Ergonomie & Management

Ergonomie & situations de travail

Observer l’activité, décider, améliorer.

CINOV

Ergonomie & Architecture

CINOV

Ergonomie & Industrie

CINOV

Ergonomie & Développement

CINOV

Exemple d’activité — secteur agricole

CINOV

Exemple d’activité — secteur industriel

Psychologie cognitive

Fondamentaux & applications

Origine du terme

Psychologie cognitive associe deux racines :

  • psychologie (grec) : ψυχη + λογοσ — étude de la vie mentale
  • cognitive (latin) : cognoscere — connaître, comprendre, apprendre

Donc, au sens littéral : l’étude des mécanismes de la connaissance (comment on perçoit, comprend, mémorise et décide).

Définition

La psychologie cognitive est la discipline qui étudie le traitement de l’information par l’esprit : perception, attention, mémoire, langage, raisonnement et prise de décision. Elle s’intéresse à la fois aux performances et aux limites (erreurs, biais, surcharge, fatigue mentale), pour comprendre ce qui se passe réellement en situation.

Objectifs concrets

Une approche de psychologie cognitive vise généralement à améliorer, ensemble :

  • la compréhension (messages plus clairs, consignes mieux interprétées),
  • la fiabilité (moins d’erreurs d’attention, d’oubli et de jugement),
  • l’apprentissage (mémorisation plus durable, meilleurs automatismes),
  • la gestion de la charge mentale (moins de saturation, meilleure priorisation).

Ce que la psychologie cognitive peut traiter

Elle peut porter, par exemple, sur :

  • l’attention (distractions, multitâche, interruptions, vigilance),
  • la mémoire (oubli, surcharge, rappel sous stress, apprentissage de procédures),
  • la perception (lisibilité, confusion visuelle, compréhension rapide),
  • la décision (arbitrages, biais, confiance excessive, erreurs de jugement),
  • la charge cognitive (complexité, fatigue mentale, saturation).

Maritime

Santé, sécurité, prévention — en mer

Un contexte de travail à part

Le travail en mer concentre des contraintes rarement réunies avec une telle intensité : isolement géographique, quarts, espace confiné, équipage restreint, exposition aux aléas, décisions sous pression. Mais au-delà de ces contraintes visibles, il y a une réalité plus discrète et pourtant centrale : en mer, on travaille ensemble longtemps, de près, avec peu d’échappato ires, dans un environnement qui demande à la fois rigueur, endurance et coordination.

Dans ce contexte, la sécurité ne dépend pas seulement des procédures ou des équipements. Elle repose aussi sur la qualité du collectif : la manière dont on se parle, dont on transmet, dont on s’ajuste, dont on tient dans la durée, et dont l’organisation permet — ou non — de rester lucide, fiable et solidaire au quotidien.

Ce que recouvrent les facteurs humains en mer

  • Fatigue et récupération : effets des quarts, vigilance fluctuante, récupération incomplète.
  • Isolement et confinement : impact sur l’humeur, la disponibilité psychique et la cohésion d’équipage.
  • Circulation de l’information : transmissions, qualité des échanges, compréhension réelle des messages.
  • Coopération à bord : répartition des rôles, ajustements, coordination entre membres d’équipage.
  • Charge mentale : interruptions, accumulation d’informations, arbitrages permanents, pression temporelle.
  • Usure collective : tensions relationnelles, difficulté à exprimer une limite ou une difficulté avant qu’elle ne pèse sur la sécurité.

Agir avant la dégradation

C’est souvent quand un incident survient que la question des facteurs humains refait surface. Pourtant, leur enjeu commence bien avant.

Notre travail consiste aussi à intervenir en amont, là où se construit — ou s’abîme — la solidité du collectif : dans l’organisation du quotidien, la clarté des rôles, la circulation de l’information, la possibilité de faire remonter une difficulté, la manière dont l’équipage absorbe la fatigue, la charge ou les tensions ordinaires.

Renforcer les facteurs humains, ce n’est pas seulement éviter l’erreur. C’est rendre le travail plus tenable, les échanges plus lisibles, les coopérations plus fiables, et le collectif plus capable de faire face quand les conditions se tendent.

Pourquoi croiser ergonomie et psychologie

L’ergonomie permet d’observer le travail tel qu’il se fait réellement : les ajustements, les arbitrages, les contraintes implicites, les écarts entre ce qui est prévu et ce que la situation impose en pratique. Elle aide à voir où l’organisation soutient le travail — et où elle le fragilise.

La psychologie apporte un autre éclairage, complémentaire : attention, fatigue, charge cognitive, stress, communication, régulation émotionnelle, dynamique relationnelle. Elle permet de mieux comprendre ce qui se joue humainement dans le travail quotidien, y compris bien avant l’apparition d’un incident.

Ensemble, ces deux lectures permettent de sortir d’une approche centrée uniquement sur la faute, l’écart ou l’urgence. Elles aident à travailler sur les conditions concrètes qui rendent un équipage plus solide, plus coordonné et plus à même de tenir dans la durée.

Exemples de situations concrètes

Ce regard croisé peut faire une différence réelle dans des situations comme :

  • un équipage qui fonctionne « globalement bien », mais où certaines tensions, fatigues ou incompréhensions s’installent peu à peu ;
  • des transmissions entre bordées inégales, non par manque de sérieux, mais parce que le moment, la charge ou les habitudes ne favorisent pas une bonne circulation de l’information ;
  • une organisation du travail qui tient sur le papier, mais surcharge certains membres d’équipage à des moments clés ;
  • une difficulté à signaler la fatigue, un doute ou une limite, parce que le cadre collectif ne le rend pas facile ;
  • une coopération fragilement par l’usure, le huis clos ou des malentendus répétés ;
  • des procédures ou outils corrects en théorie, mais peu adaptés aux conditions concrètes d’usage à bord.

Dans ces situations, l’enjeu n’est pas seulement de corriger ce qui se voit déjà. Il s’agit aussi de renforcer ce qui permet au collectif de tenir : des repères plus clairs, des échanges plus fluides, une organisation plus réaliste et des conditions de travail plus soutenables.

Prévention en milieu maritime

Retrouvez ici des liens vers des acteurs du maritime mobilisés sur la santé, la prévention, la sécurité et les dimensions humaines du travail en mer.